Personal branding : construire son marketing personnel

par | Mis à jour le 20/07/2021 | Publié le 29/01/2021 | Branding

Le personal branding nous concerne tous. Les influenceurs que nous suivons sur les réseaux sociaux nous le prouvent tous les jours : l’image est reine ! Si vous n’aspirez pas à devenir Michelle Obama ou Donald Trump (j’ai osé ?), vous devez tout de même penser à votre image et surtout à la cohérence de ce que vous renvoyez dès que vous intervenez sur le web. Un commentaire, un like, un post, une page de profil…, tous ces éléments participent à votre personal branding.

Personnellement, je préfère le terme de marketing de soi. En écrivant cela, je fais du personal branding puisque j’exprime mon point de vue. Et ce point de vue est cohérent avec ma façon d’être et de fonctionner. Que ce soit personnellement ou professionnellement… Vous voyez l’idée ?

 

Qu’est-ce que le personal branding ?

 

Le personal branding consiste à « appliquer des méthodes et des techniques marketing sur un produit qui est soi ».

Pour mieux vous en parler – et comprendre les blocages des plus réticents d’entre nous – j’ai interviewé Nicolas Constans, fondateur de Numah Conseil. Nicolas est chasseur de tête et coach certifié. Des profils et des candidats il en a rencontré des centaines. Il a aussi coaché des équipes comme des individus sur des problématiques très larges. Enfin, pour la petite histoire, nous avons usé nos jeans sur les mêmes bancs d’étudiants… Il est franc, subtil et sensible et je savais qu’il répondrait sincèrement à mes questions.

 

Subir ou choisir

Travailler son marketing personnel, c’est choisir l’image de soi que l’on souhaite renvoyer plutôt que de la subir.

Cela permet donc de gérer sa e-réputation. Tapez votre nom dans Google pour voir…

Si vous n’avez jamais travaillé votre marque personnelle, ce qui va remonter en vrac dans la page de résultats, seront toutes les infos qui vous concernent mais pas forcément celles que vous voudriez voir. Bien entendu, vous n’en êtes pas responsable, mais vous devez faire avec. Que l’on soit recruteur, client potentiel, contact ou lover, n’oubliez pas que le premier réflexe de tout un chacun est de taper votre nom dans la fameuse barre de recherche.

Comme les images et les écrits restent, il est fondamental qui vous puissiez vous-même gérer ces éléments pour maîtriser les effets de la visibilité. La visibilité, c’est la caisse de résonance de vos actions.

La notion de durée est aussi très importante pour élaborer son personal branding. Nicolas recommande d’y travailler en continu et ce, dès le démarrage de sa carrière professionnelle.

 

Piloter son parcours en continu avec le personal branding

Dans l’univers professionnel, piloter votre parcours est essentiel. Que l’on soit en phase de recrutement ou non, travaillera marque personnelle permet de donner de la structure et de la lisibilité. Cela permet aussi de l’animer tout au long de sa carrière pour valoriser ce que l’on veut valoriser. La première étape consiste à identifier les jalons de votre parcours pour les intégrer à votre histoire globale.

Qu’appelle-t-on jalons dans un parcours professionnel ?

Pour Nicolas, ce sont tous les points d’inflexion du parcours, les moments de choix personnels et professionnels. Par exemple : un changement de poste, une année sabbatique, un investissement personnel, une formation…

Une fois ces points d’inflexion identifiés, vous saurez encore mieux comment en parler et les mettre en valeur.

 

Maturité et conscience de soi

Pour faire du marketing de soi, il faut d’abord parvenir à prendre conscience de ce que l’on est. Trouver « ce qui nous anime » et l’utiliser pour donner du sens à son parcours. C’est souvent une question de maturité émotionnelle.

Quoi qu’il en soit, la première difficulté, c’est de parvenir à parler de soi. Mais c’est compliqué, vous ne trouvez pas ?D’après Nicolas, parler de soi, c’est se rendre vulnérable au regard de l’autre. C’est prendre le risque de s’exposer à l’une de nos plus grandes peurs : la peur du jugement. Combien connaissez-vous de personnes qui osent prendre la parole et interagir sur les réseaux sociaux ?

Très peu.

Et quand je dis très peu, c’est vraiment pas beaucoup : seuls 1% des gens présents sur les réseaux sociaux interagissent, commentent, publient, partagent, etc. 9% se contentent de mettre un like et 90% consomment le contenu de façon anonyme.

Selon Nicolas, la raison pour laquelle faire du marketing de soi est loin d’être évident pour tout le monde, c’est qu’il faut accepter de casser l’armure…

 

Casser l’armure

 

Pour construire intelligemment sa marque personnelle il faut se livrer, s’ouvrir et se montrer. C’est-à-dire commencer par se connaître pour se faire connaître et enfin se faire reconnaître.

 

Les nombreux freins

Sauf à être totalement sans filtre comme un petit enfant, nous avons tous des freins puissants qui nous bloquent… Ils sont nombreux :

  • Éducation : on ne parle que lorsqu’on a levé la main, on ne coupe pas la parole, etc. Vous les connaissez comme moi.
  • Environnement familial, amical, professionnel : les règles et les codes implicites sont souvent légion. Pour appartenir à une communauté, on utilise son jargon et cela nous force parfois à paraître plus qu’à être.
  • Aversion au risque d’exposition : si on se montre, on s’expose, si on ne se montre pas, on se protège. Le fameux « pour vivre heureux, vivons cachés » a vraiment la peau dure !
  • Politiquement correct : on préfère ne pas prendre parti car ça pourrait froisser certaines personnes et défendre ses opinions pourrait être mal vu… en France, on a une culture du consensus. On cherche avant tout à converger vers l’accord or le débat est générateur de créativité !
  • Difficulté à accepter les marques de reconnaissance : on est souvent déstabilisés face aux marques d’affection. Pourquoi ? Parce que cela touche aux émotions et qu’en France, nous sommes en territoire rationnel. Descartes, sors de ce corps !

Comme le souligne Nicolas, la meilleure parade c’est de se faire confiance. S’écouter comme on écoute les autres : avec intérêt, sincérité et bienveillance.

 

 L’estime de soi

Nous sommes tous très attentifs à l’image que nous souhaitons donner de nous. Encore plus avec l’avènement des réseaux sociaux. Déjà à l’école, on avait du mal à lever la main pour se faire interroger de peur de dire une énormité et de voir la classe entière s’esclaffer…

Les réseaux sociaux nous exposent ! On parle même du « syndrome Instagram ». En quoi ça consiste ? On veut que tout soit parfait et c’est exactement ce qui nous bloque. Résultat on regarde les autres faire sans jamais passer à l’action. Paralysés par la peur.

Lorsqu’on arrive à se faire confiance, à reconnaître ses forces et ses faiblesses et à les assumer, on entretient notre estime personnelle. L’estime de soi, elle se construit depuis la plus tendre enfance, comme notre personnalité. Le regard des personnes qui nous entourent et nous inspirent est souvent primordial et a beaucoup d’influence sur notre confiance en nous. Heureusement, la période de l’adolescence nous permet de prendre du recul et de nous détacher du regard des autres pour faire confiance à nos goûts, nos désirs et nos choix.

Malgré tout, il y a des moments de rupture dans la vie, des jalons, où cette estime en prend un coup… La reconstruire peut prendre beaucoup de temps.

 

Ce qu’il faut faire pour construire son personal branding

Avant tout, se connaître. Mais aussi être sincère.

D’après Nicolas, il faut accepter de pratiquer l’introspection et répondre avec honnêteté à 3 questions principales :

  • Qui je suis 
  • Ce que je veux valoriser (en restant factuel)
  • Mes choix, mes envies et mes réalisations

Et surtout, assumer de ne pas se cacher pour rester soi-même. L’étape suivante sera de définir sa propre proposition de valeur. Définir sa proposition de valeur, c’est identifier ce pour quoi on est là, ce qu’on apporte aux autres…

Pas si simple. Nicolas m’a conseillé 4 outils ou méthodes pour y arriver.

👉 Saviez-vous que votre personal branding peut être un levier de croissance pour votre entreprise ? Carine vous explique tout dans cet article. 

4 outils pour définir sa proposition de valeur

 

SWOT

Le SWOT est un outil qui permet d’analyser une situation en fonction de 4 critères :

  • S pour strenghts : vos forces
  • W pour weaknesses : vos faiblesses
  • O pour opportunities : vos opportunités
  • T pour threats : vos menaces

Pour réaliser une analyse SWOT et construire votre proposition de valeur, vous commencerez par réaliser le diagnostic externe : opportunités et menaces, puis le diagnostic interne : forces et faiblesses. Construisez votre matrice avec tous ces éléments.

Si l’on se place dans le cadre d’un recrutement, par exemple, pensez au marché sur lequel vous êtes présent pour déterminer vos opportunités, voyez si votre expertise a le vent en poupe, si votre diplôme est recherché…

Pour les menaces, identifiez vos concurrents, recherchez s’il existe de nouveaux acteurs dans votre domaine ou si de nouvelles formations sont à la mode…

Pour les forces, posez-vous la question : que faites-vous mieux que les autres ? Qu’est-ce qui vous différencie d’une personne avec le même profil ? Votre réputation est-elle solide ?

Concernant les faiblesses, listez les éléments de votre parcours qui pourraient vous desservir, un trou dans votre CV ou une compétence à acquérir…

L’objectif d’une analyse SWOT est de maximiser ses forces, identifier ses faiblesses, tirer parti des opportunités qui se présentent et faire face aux menaces extérieures. Grâce au SWOT, vous aurez des éléments concrets pour construire votre marque personnelle et saurez quelle stratégie de communication sera la plus efficace.

 

4P

En marketing produit pur et dur, on utilise la technique des 4P pour déterminer le mix marketing d’un nouveau produit ou même d’une marque. Puisque le personal branding consiste à se marketer soi-même, vous allez pouvoir utiliser cette méthode pour déterminer ce qui fait votre différence, comment vous allez communiquer et dans quel environnement.

  • Produit : c’est l’élément central du mix marketing. En l’occurrence, c’est vous-même. Votre personnalité, votre parcours, vos ambitions, vos envies et vos croyances aussi…
  • Prix : le prix se détermine par la rencontre de l’offre et de la demande, mais par le positionnement aussi (haut de gamme, exclusif, standard…). C’est valable lorsque vous êtes en phase de recrutement, mais aussi pour vos choix de partenariats ou encore vos services si vous êtes free-lance ou conférencier…
  • Promotion : il s’agit de votre communication. Comment allez-vous communiquer, via quel format, quels sont vos arguments de vente ?
  • Place : là on parle des canaux ou des supports que vous allez utiliser : blog, petites annonces, réseaux sociaux…

Carte d’identité professionnelle

La carte d’identité professionnelle c’est une façon simple et synthétique de se présenter. Elle exprime qui on est, ce qui nous anime, ce que l’on veut faire… Pour la construire, on peut utiliser cette méthode simple :

  • 3 soft skills
  • 3 compétences principales
  • 3 petites histoires ou anecdotes
  • 3 preuves chiffrées ou résultats

Avec ceci, vous tenez 8 min environ.

Elevator pitch

L’elevator pitch, ou le pitch tout simplement, vous permet de vous présenter en quelques instants (le temps d’un voyage en ascenseur entre les étages). Tant qu’à faire, autant y réfléchir à l’avance.

Pour les rencontres en réseau, pour les prises de contact, vous aurez souvent besoin il d’avoir sous la main une présentation rapide à dégainer : qui vous êtes, ce que vous faites et ce qui vous anime. Et plus c’est personnel, plus c’est imagé, plus ça marque !

La légende raconte qu’on ne maîtrise son pitch personnel qu’après l’avoir utilisé 200 fois !

Comment travailler son pitch personnel ?

 

L’elevator pitch, c’est le story-telling du marketing de soi. Pour que votre pitch soit efficace, il faut surtout le porter et l’incarner. 

Il vous permet de communiquer de façon transparente et de vous démarquer de vos concurrents. C’est un des piliers du personal branding.

 

Le « pitch perfect » en 6 points

Idéalement, votre pitch doit inclure les éléments suivants :

  • Définir votre positionnement en une phrase
  • Présenter succinctement vos argument-clé de vente
  • Inclure des témoignages, du vécu, des exemples
  • Hiérarchiser les infos pour aller à l’essentiel
  • Ne pas sur-vendre ou faire de la pub
  • Être factuel en illustrant ses propos

Et pour vous lancer, vous pouvez utiliser une petite phrase qui viendra surprendre ou interroger votre auditeur (sans que ce soit tarte à la crème !), c’est ce qui permet de démarrer le story-telling…

Quelques exemples :

  • Saviez-vous que 7 étudiants sur 10…
  • Et si je vous disais que…
  • Vous connaissez XXXX ?
  • Moi, j’adore XXXX et vous ?
  • Le XXX devient furieusement tendance, vous l’utilisez vous aussi ?

 

Pourquoi pas avec un coach ?

Si vous manquez d’idées pour alimenter votre pitch, vous pouvez tout-à-fait interroger votre entourage, vos collègues, vos profs… Demandez-leur de vous donner 3 adjectifs, mots ou phrases qui vous décrivent à leurs yeux. On appelle cela le 360° .

Et confrontez les résultats, vous serez surpris ! Ce que je pense de moi est souvent très éloigné de ce que les autres pensent de moi. La réalité, c’est que les autres sont souvent bien plus indulgents que nous-même…

Vous pouvez aussi choisir de construire votre pitch avec un coach.

Quel est son rôle ? Vous faire prendre conscience de ce qu’il y a derrière le point où ça coince… Donc aller plus loin dans la connaissance de soi. Il ne fera pas le chemin pour vous, il vous accompagnera sur la bonne route.

Il sert à mieux se connaître et dénouer un noeud. Il sert aussi à travailler sa marque personnelle et trouver la bonne façon de communiquer.

 

Créer son profil social

Vous avez à présent tous les éléments en main pour vous propulser sur les réseaux sociaux !

Et voici quelques astuces pour bien vous lancer : 

  • Choisissez une photo de profil (pas une photo de vacances) de bonne qualité et la même pour tous les réseaux.
    Souriez, soyez vous-même et ressemblant, on n’est pas sur Instagram…
  • Créez une adresse mail qui fait pro, oubliez le kiki285@gmail.com
  • Partagez du vécu, des événements auxquels vous avez assisté…
  • Relayez les contenus des autres pour qu’ils servent de relais à leur tour
  • Publiez du contenu qui a du sens par rapport à vous

Comment faire caisse de résonance ? Utilisez la règle des 3/3 pour partager votre temps sur les réseaux sociaux :

  • Publiez des contenus originaux 1/3 du temps
  • Engagez la conversation avec votre audience 1/3 du temps
  • Relayez le contenu d’autres contributeurs 1/3 du temps

Vous deviendrez ainsi un connecteur plus qu’un influenceur. Vous ferez grandir votre audience et vous maîtriserez votre e-réputation…

Dernier conseil : créez une alerte avec vos nom et prénom sur Google Alert pour surveiller régulièrement votre e-reputation, on ne sait jamais.

On y va ?

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