En 2022, j’ai testé la rédaction automatique d’un article de blog avec l’intelligence artificielle.
Et franchement ? C’était mauvais. Très mauvais même.
À l’époque, j’avais essayé plusieurs outils censés rédiger à ma place un « long article de blog optimisé pour le SEO ».
En 2022, l’IA n’était pas capable d’écrire un article de blog
Sur le papier, la promesse était magique : quelques mots-clés, un titre, deux ou trois indications et hop ! L’IA s’occupait du reste pendant que j’allais tranquillement boire un café.
Dans les faits, j’ai obtenu des articles de 242 mots, des paragraphes totalement hors sujet, des répétitions improbables et quelques pépites linguistiques comme « le référencement artificiel » ou les désormais mythiques « articleurs de la rédaction ».
Ne cherchez pas, ça n’existe pas. Mais j’avoue que quatre ans plus tard, les « articleurs de la rédaction » me font toujours autant rire.
Après trois heures de tests – oui, trois heures quand même – j’avais donc rendu mon verdict. Non, l’intelligence artificielle n’était absolument pas capable de rédiger correctement un article de blog à notre place. Elle pouvait éventuellement servir de base de travail, à condition d’avoir envie de tout réécrire derrière. Niveau gain de temps, on repassera. 😅
Mais ça, c’était en 2022.
Quatre ans plus tard, l’IA est partout. Elle rédige nos mails, résume nos réunions, corrige nos textes, crée des images, traduit nos documents, analyse nos données… Elle nous aide même à brainstormer et s’invite naturellement dans la création de contenu.
Il était donc temps de refaire le test.
Et autant vous prévenir tout de suite : cette fois, je vais devoir ravaler quelques certitudes !
En 2022, écrire un article avec l’IA relevait un peu du masochisme
Revenons rapidement au point de départ.
À l’époque, mon test était né d’une problématique très simple. Une cliente – appelons-la toujours Amélie – voulait alimenter régulièrement son blog. Mais elle n’avait absolument pas le temps de passer des heures à rédiger.
Une situation somme toute assez banale chez les entrepreneurs et dirigeants de petites entreprises. J’imagine que nous sommes tous dans le même cas.
Ecrire un article de blog, c’est pas si facile
Parce qu’écrire un article de blog, contrairement à ce que certains imaginent, ce n’est pas juste aligner 1 500 mots dans Word en plaçant judicieusement trois mots-clés au milieu.
Il faut déjà trouver un sujet qui intéresse réellement ses clients (première difficulté), déterminer un angle qui n’a pas été traité 200 fois de la même façon (deuxième difficulté), chercher des informations, vérifier ses sources, organiser ses idées, structurer le contenu, rédiger, relire, optimiser, illustrer puis mettre tout ce petit monde en ligne.
Et si vous êtes comme moi, vous allez également réécrire trois fois l’introduction parce que décidément, non, elle ne va pas.
Bref, ça prend du temps. Beaucoup plus de temps qu’on ne l’imagine quand on ouvre benoîtement son document en se disant : « allez, dans deux heures c’est plié ».
Laissser l’IA faire le travail ?
J’avais donc testé la solution qui semblait miraculeuse : laisser une IA faire le travail.
Le résultat était tellement catastrophique que j’avais finalement conseillé à Amélie de continuer à écrire elle-même ses contenus ou de faire appel à un rédacteur.
En 2022, la solution miracle n’existait pas.
👉 Spoiler : en 2026, elle n’existe toujours pas. Mais pour des raisons complètement différentes.
Quatre ans plus tard, je refais le même crash-test.
Pour que la comparaison ait un minimum de sens, je suis repartie de la même problématique :
« Écrire un article de blog en 5 minutes grâce à l’intelligence artificielle. »
Dans mon test de 2022, j’avais fourni un titre, quelques mots-clés et plusieurs sous-titres. Rien de très poussé donc, mais suffisamment d’informations pour qu’un outil censé rédiger un article sache à peu près où je voulais en venir.
J’ai volontairement repris la même logique.
Pas de méga-prompt de trois pages précisant la cible, le niveau de langage, le nombre exact de signes par paragraphe et l’état émotionnel supposé de mon lecteur au moment où il prend son café. Pas de persona détaillé. Pas de charte éditoriale.
Et surtout pas de « Tu es un expert international en content marketing avec 25 ans d’expérience et tu écris comme si David Ogilvy avait eu un enfant avec Victor Hugo ».
D’ailleurs, petite parenthèse : je suis toujours fascinée par les personnes qui commencent systématiquement leurs prompts par « tu es le meilleur expert mondial de… ». Comme si l’IA, flattée qu’on lui reconnaisse enfin son immense talent, allait soudainement se surpasser. 😂
Bref. Je lui ai donné un sujet, un objectif, quelques indications et une demande de rédaction. Rien de plus.
Pourquoi ? Parce que si je passe 45 minutes à rédiger un prompt pour obtenir un article en cinq minutes, vous conviendrez qu’on perd légèrement l’intérêt de l’expérience.
Et là… Rien à voir avec 2022.
Oui : l’IA sait désormais rédiger un article de blog.
Adieu les « articleurs de la rédaction ». Un petit pincement au cœur quand même.
Le texte produit est structuré, cohérent et plutôt agréable à lire. Il comporte un titre, une introduction, des sous-titres, des transitions et une conclusion. Les phrases sont grammaticalement correctes, le sujet est compris, les différentes parties s’enchaînent logiquement et les mots-clés apparaissent naturellement dans le texte.
Mieux encore : l’IA ne s’est pas contentée d’enchaîner des généralités sans queue ni tête comme dans mon premier test. Elle a compris la problématique et construit une argumentation qui tient globalement la route.
Est-ce que j’aurais pu publier le résultat tel quel ?
On va se calmer. Mais si je compare froidement ce texte avec celui obtenu quatre ans auparavant, le progrès est franchement spectaculaire.
En 2022, la vraie question était de savoir si j’allais réussir à sauver trois paragraphes du naufrage.
En 2026, le contenu est exploitable. Il constitue même une très bonne base de travail.
Un texte correct, ce n’est pas forcément un bon contenu
Et c’est justement là que les ennuis commencent. Parce qu’un texte correct n’est pas forcément un bon contenu.
Voilà selon moi le vrai sujet.
L’IA est désormais parfaitement capable de produire du contenu « correct ». Et elle le fait même très bien.
Mais lorsque vous lisez beaucoup de contenus générés avec l’intelligence artificielle – déformation professionnelle oblige 😉 – vous finissez par repérer certains mécanismes. Je passe ma vie à lire, rédiger et corriger des contenus, donc forcément, ça finit par me sauter aux yeux.
Les introductions sont bien propres. Les structures très équilibrées. Les arguments arrivent dans le bon ordre. Les listes à puces permettent d’aérer la lecture. Les transitions font le job et les conclusions récapitulent consciencieusement ce qu’on vient de lire.
Tout est là.
Mais il peut aussi manquer l’essentiel.
Un contenu 100% IA = il manque quelqu’un derrière le texte
Une expérience vécue. Une opinion tranchée. Un contre-exemple qui vient mettre à mal la belle démonstration. Une anecdote dont personne d’autre ne peut disposer parce qu’elle vous est réellement arrivée. Une référence un peu improbable. Ou encore une phrase grammaticalement imparfaite qui vous ressemble.
Bref : avec le tout IA, vous avez la sensation qu’il manque quelqu’un derrière le texte.
Et je trouve que c’est probablement le changement le plus intéressant depuis mon premier test.
En 2022, il fallait intervenir parce que l’IA écrivait mal. En 2026, il faut intervenir parce qu’elle peut écrire correctement sans réellement apporter quelque chose de personnel.
Et la nuance est de taille.
Le problème de l’IA n’est plus qu’elle écrit mal. C’est qu’elle écrit comme une IA.
En 2022, j’avais peur que l’IA produise du charabia.
Aujourd’hui, j’ai presque le problème inverse. Elle maîtrise tellement bien les codes qu’elle a tendance, lorsqu’on ne lui donne aucune indication particulière, à reproduire une sorte de contenu moyen parfaitement acceptable.
Et c’est justement le mot « acceptable » qui me dérange.
Personne n’a jamais recommandé un article à un collègue en disant :
« Tiens, lis ça, c’est parfaitement acceptable. »
Personne ne s’abonne à une newsletter parce que son auteur écrit des contenus « tout à fait corrects ». Et personne ne mémorise une marque parce que son contenu ressemble à tout ce qu’il a déjà lu ailleurs.
Vous voulez un exemple ?
Demandez à plusieurs IA de vous rédiger un article sur les bénéfices d’une stratégie de contenu. Vous aurez de fortes chances de retrouver les mêmes grandes idées : améliorer votre visibilité, asseoir votre expertise, créer de la confiance, générer des leads et fidéliser votre audience.
Tout est vrai.
Je pourrais difficilement prétendre le contraire puisque nous expliquons une bonne partie de ces éléments sur ce blog depuis des années.
Mais ces informations ont probablement déjà été écrites, réécrites, reformulées et synthétisées des centaines de milliers de fois sur Internet.
Alors, si votre nouvel article se contente de les ranger dans un ordre différent, qu’avez-vous réellement apporté ? Pas grand-chose.
Le problème n’est donc plus la capacité de l’IA à écrire. Le problème, c’est ce qu’on lui donne à écrire. Et surtout ce qu’on ajoute derrière.
Est-ce que Google pénalise les articles rédigés par l’IA ?
C’est évidemment LA question qui arrive juste derrière « L’IA va-t-elle voler mon travail ?».
Alors, remettons un peu les choses à leur place. Contrairement à ce qu’on lit parfois, Google ne dit pas : « contenu produit avec ChatGPT = poubelle ».
Son approche est beaucoup plus pragmatique.
Google explique que l’intelligence artificielle générative peut être utile pour effectuer des recherches sur un sujet ou structurer un contenu original. En revanche, produire automatiquement un grand nombre de pages sans réelle valeur ajoutée, principalement dans le but de manipuler les résultats de recherche, peut tomber sous le coup de ses règles contre le spam.
Ce n’est donc pas vraiment l’outil utilisé qui pose problème. C’est ce que vous en faites !
Et heureusement, parce qu’imaginez le casse-tête sinon. Faudrait-il déterminer qu’un article rédigé à 12 % avec ChatGPT est acceptable mais qu’à partr de 57 % il ne l’est plus ?
Google se fiche de savoir avec quoi vous avez créé votre contenu. Ce qui lui importe est de savoir pourquoi vous l’avez créé et ce qu’il apporte réellement à votre audience.
Pertinence avant tout !
Un excellent article assisté par une IA ne devient pas mauvais sous prétexte que son auteur a utilisé ChatGPT.
De la même manière qu’un article médiocre écrit intégralement par un humain ne devient pas génial parce qu’il a été tapé laborieusement avec deux doigts pendant sept heures.
👉 Ce qui compte toujours, c’est la pertinence, la fiabilité, l’originalité et la valeur apportée au lecteur. Ça tombe bien : c’est aussi ce qui compte pour vos lecteurs.
Peut-on réellement écrire un article de blog en 5 minutes avec l’IA ?
Techniquement, oui.
Vous pouvez fournir quelques consignes à une IA et obtenir très rapidement 1 500 mots à peu près correctement structurés. Là-dessus, le contrat est rempli et c’est une révolution par rapport à ce que j’obtenais en 2022.
Mais peut-on obtenir en cinq minutes un article que j’accepterais de publier sur mon site sous mon propre nom ? Non (en tout cas pas moi).
Car entre « générer du texte » et « publier du contenu », il y a un monde.
Je vais vouloir modifier l’angle, supprimer les banalités, ajouter mes propres exemples. Ou encore vérifier les affirmations et les chiffres, contrôler les sources, réécrire les passages qui ne me ressemblent pas. Et aussi ajouter des liens avec mes autres contenus, travailler certaines accroches et couper les répétitions.
Je vais aussi reprendre certaines phrases juste parce que « je ne le dirais pas comme ça ». Ce n’est pas très scientifique comme critère, mais lorsque vous travaillez votre tonalité depuis des années, ça compte énormément.
Et je vais supprimer tous les « Dans un monde en constante évolution » qui auraient réussi à passer entre les mailles du filet. Faut pas déconner non plus !
L’IA ne travaille pas seule
Alors oui, je vais gagner énormément de temps par rapport à une rédaction commencée devant une page blanche.
Mais l’IA ne travaille pas seule : je la fais travailler.
Et la nuance me semble importante.
Alors, comment utiliser l’IA pour rédiger sans produire du contenu insipide ?
C’est là que mon avis a vraiment évolué depuis 2022.
À l’époque, l’outil devait faire tellement de progrès pour produire quelque chose de potable qu’il pouvait presque faire perdre du temps. Aujourd’hui, je trouve beaucoup plus intéressant de considérer l’IA comme un assistant que comme un rédacteur automatique.
La différence peut sembler sémantique, elle ne l’est pas.
Rédacteur automatique
Un rédacteur automatique, c’est quelqu’un – ou quelque chose – à qui vous dites « écris-moi un article sur le sujet X » avant de récupérer le résultat et de le publier.
Un assistant, vous l’intégrez dans votre propre processus de réflexion.
Je peux par exemple lui soumettre trois idées et lui demander laquelle présente le meilleur potentiel. Je peux l’utiliser pour challenger mon angle, repérer ce que j’ai oublié ou trouver les objections que pourrait formuler mon lecteur. Elle peut m’aider à organiser une masse d’informations, proposer différentes structures ou reformuler une phrase sur laquelle je bloque depuis dix minutes.
Je peux également lui transmettre un ancien contenu et lui demander de m’aider à identifier ce qui mérite d’être mis à jour, à supprimer ou à approfondir.
Exactement ce que je suis en train de faire avec cet article, finalement. 😉
En revanche, elle ne devrait pas décider à ma place de ce que je pense. Et c’est probablement là que se situe la frontière.
Donnez votre réflexion à l’IA et elle vous aidera à mieux l’exprimer.
Demandez-lui de réfléchir entièrement à votre place et vous risquez surtout d’obtenir ce qu’elle sait produire de mieux : la synthèse parfaitement correcte de ce que tout le monde a déjà dit avant vous.
Les rédacteurs web vont-ils finalement être remplacés par l’IA ?
En 2022, j’avais répondu non sans hésiter une seconde et je ne prenais pas un risque énorme.
En 2026, ma réponse est toujours non. Mais elle est beaucoup moins catégorique, parce qu’il serait franchement malhonnête de prétendre que rien n’a changé.
Une partie du travail peut aujourd’hui être automatisée.
Et certaines productions qui nécessitaient auparavant de faire appel à un rédacteur peuvent effectivement être réalisées avec une IA. Notamment lorsqu’il s’agit de contenus simples, très normés ou sans véritable enjeu éditorial.
En revanche, la valeur d’un bon créateur de contenu ne réside plus seulement dans sa capacité à bien écrire. Et personnellement, je pense que c’est plutôt une bonne chose.
Une IA sait désormais construire une phrase, respecter une structure, proposer dix titres ou résumer un document. Elle peut même imiter une tonalité lorsqu’on lui donne suffisamment de matière.
Le travail du rédacteur, lui, consiste de plus en plus à produire du sens.
La valeur humaine se déplace donc ailleurs : dans l’angle choisi, la connaissance du client, l’expérience, le regard critique, la stratégie. Et aussi dans la capacité à faire des rapprochements inattendus et surtout dans le point de vue.
Et finalement, ce n’est peut-être pas une si mauvaise nouvelle pour notre métier.
En 2022, j’avais tort. Enfin… à moitié.
Si Amélie me rappelait aujourd’hui avec exactement la même problématique, je ne lui donnerais clairement plus la même réponse.
Je lui dirais : « Utilise l’IA. Mais ne lui confie surtout pas les clés de la baraque. »
Donne-lui ton expertise. Tes anecdotes. Tes convictions.
Ajoute des exemples clients, leurs objections, leurs idées…
Et surtout grade la main.
L’IA nous fait gagner un temps considérable dans la rédaction de contenu
En quatre ans, l’intelligence artificielle a résolu une bonne partie du problème qui m’avait poussée à écrire mon premier article : elle nous fait effectivement gagner un temps considérable.
Mais elle en a créé un nouveau. Si tout le monde dispose des mêmes outils pour produire plus de contenu, plus rapidement, la différence ne se fera plus sur notre capacité à publier.
Elle se fera sur notre capacité à publier quelque chose qui mérite réellement d’être lu.
Et ça, désolée ChatGPT. Je préfère encore m’en charger. Enfin… Avec un petit coup de main quand même. 😉



